Publié le 5 avril 2018 Par Yoomap

Coup de foudre de l’Afrique pour les Start-up ?

Saviez-vous que les levées de fonds des Start-up africaines battent tous les records ? Qui plus est dans des secteurs particulièrement innovants et porteurs ? Mieux encore, le continent attire aussi les jeune-pousses du Nord ! Embarquement immédiat pour une région au dynamisme pragmatique particulièrement réjouissant.

 

Financements en hausse de 33% sur un an !

Le VC Partech Ventures a récemment recensé les levées de fonds de plus de 200 000 $ en Afrique. Bilan : près de 370 M$ levés en 2016 (par presque 80 start-up), soient presque 100 000 $ de plus qu’en 2015 ! Cependant l’analyse détaillée pointe un important déséquilibre : trois pays s’arrogent quasiment la totalité des levées ! Le Nigéria pointe en tête, s’arrogeant plus d’un tiers des investissements, la plupart à Lagos ; suivi par l’Afrique du Sud, et le Kenya. Difficile dès lors de parler véritablement d’un boum à l’échelle du continent africain… en tout cas pas encore : le FMI prédit des croissances de 6 à 8% en 2017 pour la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie, le Kenya, la Tanzanie, le Sénégal et le Rwanda.

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La technologie au service du développement.

Toujours d’après Partech Ventures, les entreprises les plus financées, avec plus d’un tiers des investissements, œuvrent dans le plus grand chantier actuel du continent : l’énergie, et plus précisément la production d’électricité domestique* (Off Grid dans le jargon). On y trouve essentiellement des solutions mixant du matériel de production simple à installer (un ou quelques panneaux photovoltaïques, éventuellement une batterie, et parfois une offre d’équipements électriques économes en énergie), associé à un modèle économique innovant permettant aux clients de payer en fonction de leurs usages, grâce à une application numérique.

*600 millions d’habitant n’y ont pas accès à l’électricité.

Viennent ensuite les « fintech » avec quasiment un dossier sur cinq. On y trouve notamment des projets de services bancaires avancés sur smartphone, offrant bien plus que les paiements déjà largement utilisés (75% des Kenyans les font déjà quotidiennement) incluant par exemple le paiement des salaires, l’achat de bitcoins, ou encore des transferts de fonds à l’international.

Les start-up de l’éducation digitale (ed-tech) et de la santé numérique (health-tech) ferment la marche.

 

De pays en voie de développement à modèles de l’innovation ?

Le point commun entre tous ces secteurs ? Ils mélangent habilement technologies, modèles économiques innovants (voire carrément disruptifs), et pragmatisme, pour inventer des services inexistants à l’échelle locale, mais mûrs dans l’hémisphère Nord. Pas étonnant donc de voir émerger des initiatives d’inspiration comme #TECHAfrique, lancée par startupbrics. Avec Le Monde et Les Echos, ce blog dédié à l’innovation dans les pays émergents a interviewé 100 entrepreneurs africains pour « comprendre les écosystèmes numériques africains… identifier et promouvoir les initiatives numériques Made in Africa qui peuvent inspirer le monde entier ».

Et la France ?

Par son histoire et l’importance de sa diaspora africaine, l’hexagone est particulièrement bien placé pour participer à cet élan de croissance. Et pas seulement les grands groupes ! De nombreuses PME et start-up françaises s’y sont déjà installées. Bpifrance rapporte ainsi quelques exemples comme Ecosun (Alsace), leader des chauffes-eaux solaires en Afrique de l’Ouest ; CityTaps (Paris) qui a adapté le paiement à l’usage à la fourniture d’eau potable, grâce à un compteur communiquant en temps quasi-réel ; ou encore Isahit (Paris), qui connecte des entreprises françaises avec des travailleurs indépendants africains, par exemple pour du traitement de données (archivage, contrôle qualité, numérisation…), de la modération d’avis, du référencement, etc.

Et vous ? Qu’allez-vous faire avec et pour l’Afrique ?